
Si pour le moment Alger s’est contenté de faire part de son « étonnement » après les déclarations de François Bayrou à l’issue du comité interministériel de contrôle de l’immigration, la presse algérienne, elle, n’y est pas allée de main morte sur les critiques. Les médias, qui jusqu’à présent s’étaient montrés plutôt réservés sur le sujet à la demande du président algérien, ont de nouveau consacré leurs colonnes à la France, ce jeudi 27 février.
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Le Premier ministre français, qui a indiqué vouloir « réexaminer la totalité des accords » entre la France et l’Algérie, avait pourtant assuré : « Il n’y a pas de volonté d’escalade ». Raté. Ainsi, El Watan titre sa une ce jeudi matin : « La France choisit l’escalade. »
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« Passer aux sanctions et à la contrainte, une autre version de la “politique de la canonnière”, commente encore le quotidien francophone. C’est ainsi que fonctionne la France actuelle, accrochée au vieux rêve colonial, pensant en tirer encore quelques dividendes alors même qu’elle est chassée de toutes ses anciennes colonies. »
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« Les gesticulations et brassages de vents de “p’tits bras” ne font pas notre météo », se moque le chroniqueur Hakim Laalam dans le Soir d’Algérie, dont la une est incisive : « La France en mode Algérophobe ». Pour le quotidien L’Expression, « Bayrou affirme ne pas avoir la volonté d’entrer dans “l’escalade” avec l’Algérie, mais la teneur des décisions prises dit tout le contraire. Finalement, le général vietnamien Giap avait raison. La France est un mauvais élève ».
Les relations entre Paris et Alger se sont détériorées depuis l’été 2024 avec l’annonce de l’appui de la France au plan d’autonomie marocain pour le territoire disputé du Sahara occidental. Les tensions se sont encore accentuées ces dernières semaines avec l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal en Algérie et celle de plusieurs influenceurs algériens en France pour apologie de la violence. Hier, le Conseil de la nation, l’équivalent du Sénat en Algérie, a annoncé la « suspension de ses relations » avec le Sénat français en réaction à la visite de Gérard Larcher au Sahara occidental.
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