
L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac signe un retour fracassant sur la scène politique française. Après plus de quatorze ans d’absence, sa popularité demeure intacte et pourrait même laisser entrevoir un rôle à jouer dans les années à venir. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’homme du « non » à la guerre en Irak entretient le mystère sur ses ambitions.
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Dominique de Villepin recueille 53 % d’opinions favorables, un score qui « bouleverse la hiérarchie », selon Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. Son prestige, bâti sur son rôle de diplomate et d’homme d’État, semble traverser les générations. Son célèbre discours devant le Conseil de sécurité des Nations Unies en 2003, opposant la France aux États-Unis sur l’intervention en Irak, continue de marquer les esprits.
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Villepin incarne, aux yeux de nombreux Français, une certaine idée du gaullisme, mêlant indépendance nationale et vision diplomatique. Pourtant, certaines de ses récentes prises de position, notamment sur le conflit israélo-palestinien ou ses déclarations sur le régime algérien, ont dérouté une partie de ses soutiens, notamment à droite. Si certains dénoncent une posture « islamo-gaulliste », il reste une figure respectée de la Ve République, attaché au droit international et à une politique étrangère singulière.
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Preuve de son aura, il bénéficie d’une large adhésion au sein de l’électorat socialiste (66 % d’opinions favorables) et même parmi les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon (56 %). À droite, il recueille 51 % de soutien. « Il y a une forme de réhabilitation, notamment grâce à ses prises de position internationales, note Frédéric Dabi dans Paris Match. Depuis l’attaque du Hamas sur Israël, il est redevenu très visible. »
Juste derrière Villepin, Édouard Philippe, bien que toujours populaire, perd 5 points par rapport à janvier 2025. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron reste une figure incontournable du paysage politique. Son positionnement centriste et son image d’homme d’expérience séduisent autant à gauche qu’à droite. Dans un climat politique polarisé, Villepin et Philippe apparaissent comme des figures de conciliation. Parmi les autres progressions du classement, Bruno Retailleau grimpe à la 5e place, derrière Michel Barnier (3e) et Jean Castex (4e).
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« Sarah Knafo est en train d’exploser »
Mais la véritable surprise du sondage est la percée spectaculaire de Sarah Knafo. La députée européenne de Reconquête gagne 10 points en un mois, un record. Avec sa 37e place, elle dépasse des figures établies comme Éric Ciotti, David Lisnard, Manuel Valls ou encore Jean-Luc Mélenchon. Elle talonne Valérie Pécresse (36e) et se rapproche de Marine Le Pen (30e). « Elle est en train d’exploser », commente Frédéric Dabi. « Avec Marion Maréchal, c’est l’une des hausses les plus spectaculaires du baromètre. »
Sa progression est particulièrement marquée auprès des jeunes générations, très actives sur les réseaux sociaux. Si son électorat de prédilection reste celui d’Éric Zemmour, elle gagne du terrain au sein d’une droite plus large, et même auprès de certains électeurs de gauche. Ses prises de position tranchées et son franc-parler, à contre-courant des conventions politiques traditionnelles, séduisent une partie de l’opinion.
Sarah Knafo a multiplié les interventions médiatiques et les prises de position chocs ces dernières semaines. Parmi les faits marquants : son déplacement aux États-Unis en janvier aux côtés d’Éric Zemmour pour l’investiture officielle de Donald Trump ; ses révélations sur les dépenses excessives de l’Agence française de développement ; son discours critique sur la bureaucratie française, notamment à France Travail ; sa dénonciation de la politique d’Emmanuel Macron envers l’Algérie.
Vice-présidente de Reconquête, elle s’impose progressivement comme une figure de premier plan. Sa médiatisation croissante et sa posture offensive lui permettent d’élargir son audience, bien au-delà des cercles zemmouriens. Mais attention à ne pas confondre popularité et intentions de vote, prévient Frédéric Dabi. Si Sarah Knafo grimpe dans le baromètre des personnalités préférées, son ancrage électoral reste encore à consolider.
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