Ce film a suscité l’enthousiasme partout où il est passé. On comprend pourquoi. C’est un voyage inoubliable auquel nous convie Mathias Mlekuz, parti à vélo avec Philippe Rebbot sur les traces de son fils Youri, après le suicide de celui-ci en 2022. De La Rochelle à Istanbul, on rit et on pleure, collant aux roues de ce binôme à l’amitié si touchante. Baptiste Thion
De et avec Mathias Mlekuz, Philippe Rebbot. 1 h 29
A Real Pain

Il est la nouvelle sensation de Hollywood. Kieran Culkin, frère de Macaulay (star de la saga familiale Maman, j’ai raté l’avion !), s’est fait un prénom à 42 ans grâce à ses deux Golden Globes. Le premier pour la série événement Succession et le deuxième pour son rôle d’écorché vif dans ce film écrit, réalisé et interprété par Jesse Eisenberg, sur la descendance des survivants de la Shoah. Un drame poignant dans lequel il excelle, toujours sur le fil. Stéphanie Belpêche
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De et avec Jesse Eisenberg, Kieran Culkin. 1 h 29
À écouter
Les indie sortent de la réserve
Oracle Sisters, c’est l’inventivité de la britpop et la grâce de la french touch qui auraient décidé d’avoir un enfant. Conçu sous le soleil méditerranéen et né dans l’effervescence parisienne, ce groupe belgo-finnois aime jouer à traverser les frontières : de Beirut à The Weeknd en passant par Papooz, Kings of Convenience ou Phoenix, on fond pour les onze morceaux de ce deuxième album, particulièrement leur Marseille riche en vitamines C, Blue Left Hand comme une marche martialo-rock ou encore les Divinations aériennes. Créatif, surprenant, doux, en un mot le meilleur de l’indie ! Georges Grange
Divinations, Oracle Sisters, Wizard Artists.
À voir
Onéguine
Adapté du roman en vers d’Alexandre Pouchkine (1799-1837), le ballet Onéguine de John Cranko (1965) sublime la passion impossible entre Tatiana et Onéguine. Sur les musiques de Tchaïkovski, cette œuvre aux accents shakespeariens raconte l’histoire d’un jeune dandy cynique qui repousse l’amour sincère de Tatiana avant de réaliser, trop tard, l’ampleur de son erreur. L’amour inachevé, la mélancolie et le poids du destin y tissent une dramaturgie bouleversante. Sa reprise au Palais Garnier signe les adieux prochains des étoiles Mathieu Ganio et Ludmila Pagliero, et offre une distribution alternative d’exception. Le couple Dorothée Gilbert et Hugo Marchand, en osmose parfaite, irradie la scène d’une incandescence rare, tandis que Guillaume Diop impose sa prestance. Un chef-d’œuvre à ne pas manquer. Alix Avril
Onéguine de John Cranko, Palais Garnier, jusqu’au 4 mars 2025.
Stephen Jones, chapeaux d’artiste
En 1982, Stephen Jones imagine pour Lady Di un ensemble de jolis bérets déclinés en différentes teintes, pour accompagner ses tenues vestimentaires confectionnées par le styliste Jasper Conran, qui habillait la princesse de Galles au quotidien. L’un de ces emblématiques couvre-chefs figure en bonne place dans la monographie consacrée au créateur britannique de 71 ans au Palais Galliera, égrenant 200 pièces aussi originales que prestigieuses. Il a été influencé très jeune par le chapeau melon de son père, le foulard couvrant les cheveux de sa mère, le bibi fleuri de sa grand-mère pour l’office du dimanche. Ébouriffant. S.B.
palaisgalliera.paris.fr. Jusqu’au 16 mars.
À lire
À l’abordage et pas de quartier !

Il n’y a que François Cérésa qui peut nous faire mourir de rire en nous contant les aventures d’un gentilhomme qui rêve de devenir flibustier en l’an de grâce 1660, l’année où notre bon roi, le quatorzième du nom, va épouser « un laideron en provenance de Madrid, l’impécunieuse Marie-Thérèse d’Autriche, prognathe et velue comme un singe ». De La Rochelle aux Antilles, le jeune François de Maillereau va courir l’aventure. Quand il raffute un importun pendant l’abordage, il l’invective en argot comme Jean Gabin pourrait le faire dans un film de Michel Audiard. Comme le disent les belles blondes que l’on croise au fil de ses pages : « Où est le blème si on se fait plaisir ! » Pascal Meynadier
Pavillons noirs, les joyeuses et terribles aventures des derniers flibustiers français aux Antilles, François Cérésa, Les éditions de Paris-Max Chaleil, 208 pages, 17 euros.
L’Inconnue du portrait
Volé, perdu, retrouvé : le portrait d’une dame de Gustav Klimt n’en finit pas de tisser sa légende. Camille de Peretti s’engouffre dans cette brèche et tricote un roman aussi palpitant qu’un polar. L’Inconnue du portrait scrute les silences de l’histoire, repeint le réel à la lumière de la fiction et dresse une galerie de personnages aussi flamboyants que le pinceau de Klimt. De Vienne aux États-Unis, de Paris à l’Italie, cette fresque familiale est un puzzle littéraire où chaque pièce s’emboîte avec brio. Mystère, art et secrets bien gardés : impossible de ne pas se laisser happer. A. A.
L’Inconnue du portrait, Camille de Peretti, Le Livre de poche, 384 pages, 9,20 euros.
La géopolitique pour comprendre 2025
Sous-titré Les grands tournants géopolitiques, l’ouvrage fait le point sur la mondialisation qui devait être la panacée infaillible du XXIe siècle déjà à son premier quart. Le président de l’Institut français des relations internationales dresse le bilan du choix politique de l’expansion démographique greffé sur l’économie libérale qui devait se dérouler sans embûches. C’était sans compter sur une nouvelle guerre froide avec des relents de Troisième Guerre mondiale. En vingt-sept chapitres, l’ouvrage dissèque les ravages de l’islamisme (depuis la fin des années 1970), les conséquences de la chute du mur de Berlin en 1989 et le réveil de la Chine. Le but est de chercher ce qui peut nous garantir la paix et la postérité. Haut les cœurs ! Bernard Morlino
L’Ère des affrontements, Thierry de Montbrial, Dunod, 552 pages, 29 euros.
Le jardin des anatomistes
Sur fond de tensions entre chirurgiens et médecins au XVIIe siècle, Noémie Adenis signe un polar historico-médical captivant. En 1673, au jardin du Roi, le jeune herboriste Sébastien de Noilat assiste à une leçon de chirurgie avant de se retrouver impliqué dans des meurtres imitant ces cours. Pour prouver son innocence, il enquête dans le Paris malfamé, épaulé par le commissaire Parisot. Après Le Loup des ardents, Noémie Adenis confirme son talent avec ce roman haletant et richement documenté. A. A.
Le Jardin des anatomistes, Noémie Adenis, Pocket, 416 pages, 9,20 euros.
Le mot rare
Chape-chute : bonne aubaine à la suite de la mésaventure de quelqu’un
« Le malheur des uns fait la chape-chute des autres » pourrait-on dire. Mais qu’est-ce qu’une chape-chute ? Eh bien c’est une chape (un piège) qui a chu (qui est tombée). Imaginez-vous marcher dans un château obscur. Vous tombez face à un sol effondré dans lequel un malheureux est déjà tombé. Vous contournez l’obstacle et vous voilà dans la salle du trésor… Ça, c’est une chape-chute, à adapter à nos coups de chance quotidiens ! G. G.
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