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Le procès d’un réfugié afghan s’est tenu mardi 25 février devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Metz. Farhad K. est poursuivi pour « proxénétisme aggravé sur mineurs de 15 ans », « soustraction d’enfant à l’aide sociale à l’enfance » et « provocation directe à la consommation d’alcool et de stupéfiants ». Il est en effet suspecté d’avoir prostitué des jeunes filles mineures d’un foyer à Woippy dans un appartement situé à proximité, indique France 3 Grand Est. Certaines étaient en manque de repères ou dépendantes à la drogue et à l’alcool.
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Les faits ont été signalés dès 2021. Le bailleur, des voisins et des éducateurs du foyer avaient notamment alerté de la situation. Farhad K. n’a finalement été interpellé qu’en septembre 2023. Il y a un mois, le procès avait été renvoyé après une altercation entre le père d’une des victimes, le prévenu et son avocate.
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À l’audience ce mardi 25 février, Farhad K. a assuré que l’une des jeunes filles était sa petite amie et qu’il ne savait pas qu’elle se prostituait. Accusé d’avoir attiré ces mineures devant leur foyer en leur proposant de la drogue ou de l’alcool, cet homme marié et père de quatre enfants en Afghanistan, a expliqué à la barre : « Je côtoyais les autres dans la rue devant le foyer pour leur donner à manger. Pour le haschich, je ne savais pas que c’était interdit en France, je voulais juste aider, pas faire de mal. » Interrogé sur sa relation avec ces jeunes filles, l’homme de 35 ans a expliqué qu’elles étaient « comme des petites sœurs » : « Et pour celle qui était ma petite amie, j’ai dit à sa mère que je voulais vivre avec. »
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Deux victimes ont pourtant décrit le foyer de Woippy comme « une usine à putes ». Elles ont également qualifié l’homme de méchant, lorsqu’il est alcoolisé. L’individu a été décrit comme « un violeur qui choisissait les filles, les mettait sur le site de rencontre coco, choisissait les clients et prenait la commission ». « FK racolait les jeunes filles devant le foyer, avec un joint, des cigarettes, de la nourriture avant de les emmener chez lui ou son voisin de palier », a-t-il encore été dit à l’audience.
Cinq ans de prison, dont deux avec sursis, avec mandat de dépôt différé à exécution provisoire, ont été requis contre le mis en cause. Une interdiction définitive du territoire français a également été réclamée. L’avocat de la défense a toutefois réclamé la relaxe, estimant que cette audience ne devait pas être « un procès politique pour un combat sociétaire qui dépasse les prétoires ». Le délibéré sera rendu le 25 mars prochain.
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