Mis en examen dans une affaire d’escroquerie en mars 2021, le tandem Lucien Aubey-Mohamed Dia a été fixé sur son sort lundi au tribunal correctionnel de Toulouse. L’ancien footballeur professionnel, essentiellement au TFC (de 2001 à 2007), puis à Lens et Rennes, a écopé de deux ans de prison (dont un avec sursis), tandis que le célèbre styliste a été condamné à un an de prison avec sursis. La raison ? L’ex-défenseur international congolais était suspecté d’avoir arnaqué un ancien ami à hauteur de 145.000 euros puis d’avoir menacé de brûler les enfants de ce cordonnier, comme l’indique La Dépêche.
« En 2015, j’ai rencontré Sébastien, il venait de s’installer à côté de chez moi, a expliqué Lucien Aubey lundi. Au bout de deux mois, il m’a dit qu’il allait toucher près de 200.000 euros suite à un accident de voiture. Il cherchait à placer cette somme et je lui ai indiqué ce que moi je faisais pour faire fructifier mon patrimoine. » L’annonce par Lucien Aubey et son complice Mohamed Dia du « million d’euros touché » en trois ans, grâce à un projet de label musical, n’aboutira jamais. Sébastien raconte même qu’il n’a pas récupéré un seul euro de son investissement dix ans plus tôt.
« J’ai tout perdu : ma femme a voulu mettre fin à ses jours, j’ai arrêté de travailler, nous nous sommes séparés, liste la victime, qui réside en banlieue toulousaine. Je vis un enfer, et eux, ils s’en moquent. » La présidente du tribunal correctionnel de Toulouse a ainsi pointé la situation « d’interdit bancaire » de Lucien Aubey au moment des faits, qui « ne pouvait plus payer ses loyers et la cantine de ses enfants ».
« Ce n’était pas une escroquerie, je n’ai jamais volé personne », a insisté Lucien Aubey, dont la carrière de footballeur professionnel s’était stoppée en 2013, sans convaincre le tribunal, notamment en raison d’écoutes de certaines conversations avec Mohamed Dia.
« Lucien Aubey s’est servi de son aura pour récupérer les économies de la victime », estime la procureure de la République, dont les réquisitions ont été suivies par le tribunal. Agé de 40 ans, il a donc écopé lundi de deux ans de prison, dont un avec sursis, avec obligation de réparer les dommages, obligation de travail, et interdiction d’approcher la victime.