Boucler les 42, 195 kilomètres. Couper la ligne d’arrivée, au bout de l’effort, peu importe le chrono. Juste finir. Cette année, c’est un record, plus de la moitié des engagés seront des primo-marathoniens, comme le révèle au JDD Thomas Delpeuch, le patron de l’épreuve . « C’est un défi personnel, m’explique Yoann, boulanger-pâtissier aveyronnais de 26 ans, impatient de prendre le départ de cette course mythique. J’adore mon métier mais je suis gourmand, et avec mes horaires décalés, j’ai pris 25 kilos en trois mois ! Il me fallait un challenge pour me sentir mieux dans ma peau. »
Terminé les saint-honoré et autres chocolatines, Yoann avale trois entraînements chaque semaine. Raide. « Au début, j’arrivais à peine à boucler trois kilomètres. J’étais à la ramasse. Et puis cinq mois plus tard, j’ai bouclé mon premier semi-marathon. De 100 kilos, je suis passé à 93. J’espère que mon corps et mes articulations vont tenir bon ! » Son objectif : terminer en moins de cinq heures.
Union par le sport
Le chrono, Léontine et Louise n’en font pas une priorité. Leur combat est ailleurs. Les inséparables amies de Belfort, dossards 56 779 et 56 028, vont courir ensemble pour l’association Resi-Sens*. « On s’est rencontrées sur un terrain de basket. Notre projet est né au milieu d’un dribble de vie », aime répéter Louise, 25 ans, atteinte de spina-bifida – une malformation de la moelle épinière – et membre du collectif de l’équipe de France de basket-fauteuil.
Plus de 6 000 engagés vont courir pour la bonne cause
Aux côtés de Léontine, assistante sociale en centre de rééducation fonctionnelle et coach mental, elles forment un tandem fusionnel et créatif. Avec un ami chaudronnier-soudeur, Christophe Pruvost, elles ont conçu une barre ajustable au fauteuil, désormais brevetée, qui réinvente le lien « handi-valide » sur le bitume. « C’est un tandem entre nos deux mondes, ajoute Léontine. Elle garde son autonomie et quand il y a trop de pente, je viens derrière elle pour impulser un élan. On veut redonner de l’espoir à ceux qui pensent être invisibles en raison de leur handicap, mais aussi mettre à disposition notre système dans les centres de rééducation. »
« C’est finalement assez primaire de courir »
Un Schneider Electric Marathon de Paris 2025 qui comptera plus d’un tiers de femmes au départ, un record. Une édition très solidaire aussi. Plus de 6 000 engagés vont courir pour la bonne cause. C’est le cas de Louis Derrien, dossard 6 945, qui a décidé de transformer sa douleur en action. Le 24 mai dernier, son frère Simon, 25 ans, a été emporté par la dépression. Afin d’honorer sa mémoire, avec sa famille, ils ont créé Courir pour toi**, un Tour de France de 5 500 kilomètres en courant pour briser les tabous sur les troubles psychiques, qui touchent chaque année 13 millions de Français.
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« Depuis que mon frère est parti, je ne sais pas quoi faire sinon courir, me confie Louis. C’est finalement assez primaire et intuitif de courir. Après Paris, je vais parcourir l’équivalent de 130 marathons, avec 130 000 mètres de dénivelé, alors même que je ne suis pas un coureur professionnel. Je veux mettre en lumière le combat contre cette maladie silencieuse et complexe et redonner de l’espoir à ceux qui se sentent souvent seuls. » Rien de mieux pour cela que d’être 55 000 au départ.
* L’association a pour objectif de promouvoir la complémentarité entre le sport valide et handisport.@resi-sens
**Courir pour toi veut sensibiliser à la dépression et collecter 100 000 euros pour La Maison Perchée, qui soutient les jeunes adultes souffrant de troubles psychiques. courirpourtoi.fr
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