
C’est une excellente nouvelle pour la souveraineté industrielle française. La PME Segault, fleuron technologique en matière de robinetterie nucléaire, redevient française. Les entreprises françaises Framatome et Techicatome, réputées pionnières dans le domaine de l’énergie nucléaire, ont annoncé ce 31 mars l’acquisition de la société Segault, appartenant jusqu’alors à hauteur de 75 % au groupe canadien Velan, l’un des plus importants fabricants de robinetterie industrielle au monde. Velan était en négociations avec Framatome depuis la mi-janvier. Le groupe français, leader international de l’énergie nucléaire, versera environ 170 millions d’euros à son concurrent canadien.
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« Nous sommes fiers et heureux d’accueillir Segault au sein de Framatome », s’est félicité Bernard Fontana, CEO de Framatome, dans un communiqué de presse paru ce lundi 31 mars. « Segault est un fournisseur stratégique pour l’industrie nucléaire et possède un savoir-faire reconnu […] En intégrant ces compétences clés, nous renforçons notre souveraineté industrielle », affirme-t-il. Pour Loïc Rocard, PDG de TechnicAtome, cette prise de participation (30 % pour TechnicAtome) se fait « au profit de la propulsion nucléaire et de la dissuasion française » C’est Framatome, détenu à hauteur de 80,5 % par EDF, qui devient le principal actionnaire de l’entreprise, en rachetant 70 % des parts de la PME.
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Une entreprise stratégique pour la défense nationale
« Segault conçoit et fabrique une gamme de robinetterie haute performance répondant à des situations d’utilisation extrême, notamment dans les secteurs de l’industrie nucléaire civile et de la défense », précise le communiqué de presse. L’entreprise, fondée en 1921 et implantée à Mennecy dans l’Essonne (91), équipe « les bâtiments réacteurs d’un quart des centrales nucléaires en service dans le monde. » Et ce n’est pas le seul fait d’armes de la PME, puisqu’elle équipe également « les chaufferies nucléaires embarquées sur la totalité des sous-marins nucléaires français et du porte-avions Charles de Gaulle », indique la société sur son site internet.
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Cette nouvelle acquisition permet donc aux deux entreprises françaises de « conforter leurs activités spécifiques », notamment en sécurisant leur chaîne d’approvisionnement. Segault, qui emploie près de 80 collaborateurs, conserve également son nom historique.
Une victoire pour la souveraineté française
Pour le ministre des Armées Sébastien Lecornu ce retour sous pavillon français fait office de victoire pour la défense nationale. En 2023, le ministre s’était vivement opposé au rachat de ce fleuron tricolore de la robinetterie nucléaire par l’entreprise américaine Flowserve Corporation, basée au Texas. L’ancien ministre de l’Économie Arnaud Montebourg avait, de même, demandé au gouvernement d’ « interdire » le rachat de cette société stratégique par la multinationale américaine. Une OPA estimée à 245 millions de dollars, mais rejetée par l’État français au regard des enjeux qu’un tel investissement étranger représentait en termes d’atteinte à la souveraineté nationale.
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Segault « fait partie en France de ces entreprises sensibles au sein de la base industrielle et technologique de défense (BITD) », « ses activités sont indispensables à la défense nationale » écrivait le chantre du « Made in France »dans une lettre adressée à Bruno Le Maire le 26 avril 2023. « Nous ne pouvons accepter que des informations concernant les technologies utilisées par nos sous-marins nucléaires soient potentiellement transmissibles à un gouvernement étranger » précisait-il, faisant référence au Patriot Act. Une inquiétude partagée par l’ancienne sénatrice LR Sophie Primas, lors d’une séance de questions au gouvernement portant sur la souveraineté industrielle française en avril 2023. Et qui devrait donc, désormais, se dissiper.
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