Comme à chaque début de printemps, la rive droite va être envahie par quelque 55 000 participants venus s’attaquer aux 42,195 kilomètres réglementaires du marathon de Paris, dont le JDD est partenaire. Dans pile deux semaines, ils s’élanceront des Champs-Élysées, passeront au pied de monuments emblématiques comme le Louvre, pousseront jusqu’au bois de Vincennes à l’Est puis reviendront le long de la Seine, feront un crochet par le bois de Boulogne à l’ouest avant de terminer leur effort avenue Foch, en contre-bas de l’Arc de triomphe. L’an dernier, 54 175 « finisseurs » avaient coupé la ligne d’arrivée, jamais ils n’avaient été aussi nombreux. Chez les hommes, le record est détenu depuis 2021 par le Kényan Elisha Rotich en 2 h 04’ 2’’. Chez les femmes, c’est sa compatriote Judith Jeptum qui l’a établi en 2022 en 2 h 19’ 48’’.
Si le Schneider Electric Marathon de Paris n’est pas le plus rapide du monde, il a d’autres atouts que présente Thomas Delpeuch, directeur des événements grand public chez ASO et, à ce titre, organisateur de la course.
Les innovations 2025
« On a une petite nouveauté : on va passer par la place de la Nation. Cela faisait presque vingt ans que nous n’étions pas allés sur ce lieu emblématique du 12ᵉ arrondissement qui a été rénové. Ça fera un “point spectateurs” supplémentaire pour regarder les coureurs passer. D’ailleurs, les spectateurs sont de plus en plus nombreux et c’est une grande nouveauté à laquelle on assiste depuis trois ou quatre ans. Pour les accueillir au mieux et mettre de l’ambiance, nous ajoutons toujours plus de groupes musicaux sur le parcours et nos partenaires organisent des zones conviviales. Nous conseillons à chacun d’encourager les coureurs à deux ou trois endroits sur le parcours, voire quatre pour les plus valeureux. Du coup, ce n’est pas simple pour les compter mais on estime que 250 000 spectateurs suivent la course sur place. »
Les débutants et les femmes sont toujours plus nombreux
La singularité du marathon de Paris
« C’est le plus beau du monde, sans chauvinisme ! C’est le marathon dans la plus belle ville du monde et nous avons un parcours magnifique sur des avenues et de jolies zones touristiques. Bien sûr, quelqu’un pourrait dire : “J’ai un super marathon près de chez moi, le long de la mer ou dans la montagne.” Mais sur un parcours urbain, c’est clairement le plus beau. »
La (relative) lenteur
« On ne peut pas tout avoir. Le parcours n’est pas totalement plat. Il y a quelques marathons qui n’ont que quelques mètres de dénivelé. Mais l’ambiance, la foule et la beauté du tracé font oublier ça. On contrebalance avec nos atouts. »
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Les « World Marathons Majors »
«[Ce circuit de prestige réunit les épreuves de Berlin, Boston, Chicago, Londres, New York, Tokyo et Sydney, Paris n’en fait pas partie, NDLR.] « Le marathon de Paris vit très bien en tant que tel. Le groupement des World Majors s’est fait beaucoup sur la course élite avec des primes et des plateaux de haut niveau. Ce n’est pas notre positionnement. On n’est donc pas entré dans ce circuit. Ce qui ne nous empêche pas d’être le plus grand marathon du monde avec New York, en termes d’effectifs. » [55 634 participants ont terminé l’épreuve new-yorkaise en novembre dernier.]»
L’affluence record
« Pendant des années, on a multiplié les efforts pour garantir un confort de course. On fait en sorte qu’il n’y ait jamais de gêne. Il est trop simple d’ouvrir la porte à tout le monde, de dire qu’on est le plus gros et ensuite de mal gérer les flux. Ça, c’est notre hantise. On a ainsi a étalé nos départs sur quatre heures, on est les seuls à le faire aussi largement. Ce qui garantit aux marathoniens de ne pas être collés les uns aux autres. Ils ne sont pas gênés non plus sur les ravitaillements et quand une ambulance doit intervenir, elle peut le faire. Mais on continue à étudier des astuces qui permettraient de grossir encore tout en gardant du confort. »
L’évolution de la pratique
« Avant, quand on était marathonien, c’était notre sport principal. Depuis une dizaine d’années, on a une typologie complètement différente. Les gens cochent la case marathon sans être forcément des spécialistes. Ils mixent les sports, ils vont chercher d’autres pratiques qui sont complémentaires. Ou alors, ils vont se lancer une année un défi sur le marathon et, l’année suivante, par exemple, sur une épreuve cycliste. Les participants sont également plus jeunes et il y a beaucoup plus de femmes. Sur le “semi” (21,0975 km), on est à 44 % de femmes, sur le marathon on arrive à 31 %. Sur l’ensemble du peloton, la moitié va faire son premier marathon. C’est énorme. »
Le meilleur chrono
« Le record de 2 h 04 sera battu. Les coureurs sont plus performants, notamment avec les nouvelles chaussures à lames de carbone. Globalement, les chronos sont descendus entre deux et quatre minutes, que ce soit pour ceux qui battent les records mais également pour les coureurs en moins de trois heures. Ne pas être le marathon le plus rapide du monde ne nous empêche pas de jouer sur le volet performance, même si ce n’est pas notre préoccupation principale. »
Hors délai après six heures de course
« Nous sommes bien obligés de démonter l’arche d’arrivée et rendre l’avenue [Foch] à la circulation. Certains marathons coupent au bout de cinq heures. Six heures, c’est raisonnable. Au-delà, on passe sur quelque chose qui s’apparente plus à de la marche. Nous montons une deuxième arrivée pour recevoir les gens confortablement, avec tous les honneurs que cela mérite. On leur remet le tee-shirt [de « finisseur »]. On ne va pas laisser ceux qui ont fait l’effort sans une récompense alors qu’on a le carton de médailles à côté de nous ! En revanche, ils ne sont pas classés. À partir du moment où on doit démonter l’arche, on éteint le chrono, tout simplement. C’est malheureux, mais on ne peut pas attendre toute la nuit. »
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