Depuis peu, la France se lance dans ce que le jargon professionnel nomme le repowering (renouvellement) des éoliennes terrestres les plus anciennes, opérationnelles depuis au moins vingt ans. Jugées pas suffisamment performantes, elles vont être progressivement remplacées, au rythme de 500 par an d’après les calculs effectués par EDF, visant à maintenir le rythme d’évolution de ce type de production énergétique. Hautes de 110 mètres, contre 78 mètres aujourd’hui, elles permettent de tripler la production d’électricité, d’autant que leurs pales inclinables aident à mieux capter le vent.
À ce jour, l’éolien terrestre représente 3 % de l’ensemble de l’électricité en France, chiffre que l’État voudrait quasiment doubler d’ici 2030. Avec un avantage : entre les études de faisabilité, les exigences administratives, les études d’impact et les enquêtes publiques, près d’une décennie est nécessaire pour arriver à construire un nouveau parc. Cinq ans suffisent pour le renouveler.
D’où cette accélération sur les sites les plus anciens, comme celui de la petite commune d’Oupia (27 habitants) située dans le département de l’Hérault. « Neuf nouvelles machines ont été installées, certes plus hautes que les précédentes, mais beaucoup plus performantes », indique la maire Laurie Gomez. Et de préciser au JDD que la « population locale a très bien accepté ce chantier ». Avant d’insister : « Elle a eu le temps de mesurer que l’éolien sur notre territoire local n’a pas d’incidence sur la faune et plus globalement l’environnement. » Un bridage des pales est d’ailleurs prévu aux périodes de prolifération des chauves-souris.
« Pour la protection du sous-sol, continue Laurie Gomez, les fondations des anciennes éoliennes ont été complètement supprimées et recyclées. Les mats ont été envoyés dans les Caraïbes pour une seconde vie », note-t-elle encore, d’autant plus soucieuse de conserver les éoliennes que la manne versée par l’exploitant représente 20 % du budget annuel de la commune d’Oupia.
Que deviennent donc les anciennes ? Elles peuvent être démontées, restaurées et revendues en pièces détachées pour prolonger leur utilisation. C’est le métier de la société Mywindparts, par exemple. Installée à Montpellier, son équipe d’une douzaine de collaborateurs se charge notamment de vendre les génératrices, l’arbre principal, à ses clients « d’Europe de l’Est ou d’Afrique ».
La suite après cette publicité
Sous certaines conditions, les associations environnementales ne sont pas opposées au repowering. Le collectif régional Toutes nos énergies – Occitanie environnement réclame cependant « la prise en compte par les préfets de la puissance supplémentaire développée, de la hauteur des mâts et des nuisances », précise sa porte-parole Michèle Solans. Elle fait référence au recours déposé par le collectif auprès de la cour d’appel de Toulouse concernant les 23 nouvelles éoliennes prévues dans la commune de Cambon-et-Salvergues (Hérault).
« Il est annoncé qu’elles feront 125 mètres, contre 99 mètres aujourd’hui. Le préfet du département n’a pas prévu d’enquête publique, considérant que ce projet n’induit pas de changements substantiels par rapport aux équipements existants. Ce que nous contestons », insiste Michèle Solans. Le renforcement du parc éolien, actuellement composé de 10 000 machines réparties sur le territoire, reste confronté à de multiples obstacles : consultation de la population, biodiversité, efficacité… Plusieurs collectifs, associations ou opposants restent déterminés.
Source : Lire Plus