
« Bouleversés. » Tel est le sentiment des parents de Thomas, jeune rugbyman de 16 ans tué d’un coup de couteau à Crépol en novembre 2023, après la parution d’Une nuit en France, anatomie du fait divers qui a déchiré le pays, un livre-enquête revenant sur « l’emballement médiatico-politico-judiciaire » ayant suivi la mort de leur fils.
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Ils se sont exprimés par le biais de leur avocat ce vendredi 28 mars. « [Les parents de Thomas] sont dans l’incompréhension à cause de nombreux passages très gênants, pour le dire avec mesure malgré la colère qu’ils suscitent », explique Me Alexandre Farelly dans un communiqué relayé par BFMTV. Selon eux, les auteurs du livre « tendent à banaliser le port d’armes, la violence meurtrière, l’omerta et la victimisation » des mis en cause.« Le temps n’est pas celui des livres, des romans, des interprétations des uns et des autres mais celui de la justice, qui doit être respectée par tous », estiment les proches de Thomas.
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Un ouvrage critiqué
Ce lycéen et joueur amateur de rugby de 16 ans était décédé après avoir reçu un coup de couteau en plein cœur, alors qu’il participait à un « bal de l’hiver » dans un village de 500 habitants de la Drôme. Trois autres personnes avaient été grièvement blessées lors de ces violences. Rapidement, des témoins avaient affirmé que les agresseurs, venant du quartier de la Monnaie, auraient ciblé des Blancs. Un scénario ayant rapidement embrasé le débat public.
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Avec leur ouvrage, les journalistes Jean-Michel Décugis et Marc Leplongeon ainsi que la romancière et scénariste Pauline Guéna sont aujourd’hui accusés de réécrire l’histoire, notamment en réfutant la thèse d’un crime raciste. Les proches de Thomas réfléchissent « aux suites judiciaires qui pourraient être données » à la parution de ce récit. La présidente de l’association des victimes du bal de Crépol a quant à elle dénoncé une « manipulation d’opinion publique » après les différentes interventions des auteurs dans les médias. En effet, les journalistes ont fait le tour des plateaux pour relativiser l’agression : « Ils ne sont pas venus à Crépol au bal avec des couteaux pour agresser des gens, ils sont venus et ils avaient des couteaux, c’est différent. »
« Respecter le temps judiciaire »
De leur côté, face aux critiques, les auteurs de l’enquête dénoncent une récupération politique. L’Association de la presse judiciaire leur a apporté « un soutien sans réserve » et a « condamné avec vigueur des attaques qui violent sans vergogne les limites de la critique acceptable et du débat démocratique ». Une plainte a d’ailleurs été déposée pour menaces de mort et injures.
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Plus de 350 auditions, 14 personnes mises en examen, dont trois mineurs, des tas d’expertises ADN et des heures d’analyse de vidéos de portables… Quinze mois après le drame, l’enquête autour de la mort de Thomas piétine. Toujours impossible pour la justice de dire avec certitude qui a donné le coup de couteau mortel. Les parents du jeune homme « s’efforcent chaque jour de choisir la vie au lieu de la haine, pour leur fils, poursuit l’avocat dans son communiqué. En se protégeant des récupérations politiques et médiatiques qui ne font que les maintenir dans la tombe ». Et de conclure : « Respecter le temps judiciaire, c’est respecter Thomas. »
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