Retour à la case prison pour Mohamed Amra. Le narcotrafiquant est arrivé cette nuit dans le centre pénitentiaire de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne), où il a été incarcéré. Le multirécidiviste, âgé de 30 ans, a été arrêté samedi en Roumanie, où il vivait sous une fausse identité depuis le 8 février. Il y avait été installé par des complices dans un appartement de la banlieue de Bucarest, selon la police roumaine.
Il est revenu hier à Paris, et a été présenté devant un juge d’instruction, qui l’a mis en examen. Lors d’un point de presse ce mercredi 26 février, Gérald Darmanin s’est « félicité » de son placement en détention provisoire et a remercié le juge des détentions pour avoir choisi de le placer à l’isolement.
Durant son incarcération, Mohamed Amra sera soumis à un régime d’isolement extrêmement strict. Il « aura droit à une heure de promenade seul » sans croiser d’autres détenus, « deux heures de communications » par semaine (qui seront écoutées par les services de renseignement) et « trois visites par semaine », qui seront « très encadrées ». « Il sera surveillé 24 heures sur 24 », mais ne sera pas « vidéosurveillé », a précisé le ministre.
Transféré en hélicoptère et escorté par le GIGN, l’ancien fugitif est arrivé au milieu de la nuit dans cet établissement pénitentiaire réputé. « Sans doute l’une de nos deux prisons les plus sécurisées, qui permet un régime d’isolement extrêmement strict », a souligné le garde des Sceaux.
La prison s’étend sur une surface de 35 hectares et compte 204 places, toutes individuelles, réparties dans trois quartiers de quatre niveaux, avec 17 cellules par niveau. L’établissement a été conçu de manière que les détenus placés à l’isolement ne puissent jamais se croiser, même lors des déplacements en promenade. Par ailleurs, les murs d’enceinte s’élèvent de huit à douze mètres, contre six mètres pour une prison classique. À Alençon-Condé-sur-Sarthe, la séparation des unités d’hébergement fait qu’il ne peut y avoir au maximum que 17 détenus ensemble dans une cour de promenade.
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Concernant le personnel, il a accès à des équipements antiémeutes similaires à ceux des CRS. La prison comprend également des infrastructures médicales permettant de limiter les transferts vers des hôpitaux, toujours risqués avec certains détenus violents. Les agents de cet établissement ont l’expérience de l’encadrement de publics difficiles. Les murs ont déjà accueilli plusieurs détenus tristement célèbres : Youssouf Fofana, Tony Meilhon ou encore Rédoine Faïd, pour ne citer qu’eux. La prison dispose aussi d’un quartier de prise en charge de la radicalisation.
En France, très peu de prisons disposent de telles capacités. Deux affichent des niveaux de sécurité très élevés : celle de Vendin-le-Vieil, dans le Nord, et sa jumelle d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. L’établissement a été visité le 17 février par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui prévoit d’incarcérer les 100 plus gros narcotrafiquants du pays dans une seule et même prison de haute sécurité. Condé-sur-Sarthe fait partie des pistes envisagées.
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